Tambour - skor thom ស្គរធំ


Généralités

Skor thom ស្គរធំ est soit un unique tambour en tonneau (utilisation dans l'ensemble kong skor ou kantoam ming), soit un couple (dans l'ensemble pin peat ; il est alors qualifié de skor thom pin peat). Chaque tambour est fabriqué dans un tronc d'arbre (monoxyle) contrairement aux grands tambours du Vietnam et de Chine, fabriqués à la manière des fûts de vin, avec des douelles. Aujourd'hui le bois utilisé est essentiellement le koki គគីរ et le chankiri ចាន់គីរី. Autrefois existait de gros jacquiers khnor ខ្នុរ mais leur surexploitation ne permet plus de fabriquer de skor thom dans cette essence. Le diamètre des ouvertures est d'environ 45 cm pour une longueur de fût d'environ 50 cm.

Concernant les peaux : une fois l'animal dépouillé (vache, de bœuf ou de buffle, autrefois de bœuf sauvage), la peau est plongée dans un bain de traitement, puis séchée au soleil. Pendant le processus de séchage, la peau est frottée avec de l'huile de coco pour l'assouplir.


Les deux peaux sont ensuite installées mouillées sur chaque ouverture puis peu à peu tendues simultanément à l'aide de dispositifs traditionnels ou modernes (voir notre galerie d'images plus bas). Tout d'abord on tend sommairement les peaux, puis on les laisse sécher au soleil avant de les tendre à nouveau jusqu'à obtenir le son désiré ; Le fabricant n'hésite pas, si nécessaire, à monter à pieds joints sur chacune d'elles. Il est préférable d'attendre la saison sèche pour effectuer cette tâche car une fois tendues, les peaux ne pourront plus l'être, sauf à utiliser des cales de bois insérées sous la peau au niveau du cloutage, ce qui n'est pas souhaitable sur le plan esthétique. Enfin, les peaux sont clouées avec une ou deux rangées de clous de métal ou de bambou. Certains tambours demeurent lisses tandis que d'autres sont sculptés des motifs lotiformes bien connus à la période angkorienne. Sur le dos du tambour, au centre, un anneau de portage est inséré avant la pose des peaux. Entre la base de l'anneau et le fût, une pièce de bois hémisphérique (plus rarement conique) est posée sur une pièce de cuir dentelée qui n'est pas sans rappeler l'étoile décorant le tympan des tambours de bronze.  

Avant de jouer, un morceau de pâte riz, connu sous le nom de bay samphor បាយសំភោរ, litt. “riz du tambour”, est collé au centre de chaque peau pour les accorder. À l'origine, le bay samphor était fait de riz ordinaire malaxé jusqu'à obtenir une pâte lisse, puis mélangé  à de la cendre ; aujourd'hui, les musiciens utilisent couramment de la Patafix (de couleur bleue ou verte sur le marché cambodgien). Lorsque le skor thom est joué en couple, chaque tambour produit un son de hauteur différente.

Skor thom et skor samphor sur son support. Phnom Penh.
Skor thom et skor samphor sur son support. Phnom Penh.

Selon une légende, le son du skor thom représente le tonnerre. Il souligne l'action des acteurs lorsqu'il accompagne par exemple le théâtre lakhaon ou le théâtre d'ombres sbek. Dans l'orchestre pin peat, le skor thom et le samphor sont placés à l'avant de l'orchestre car les musiciens doivent voir les acteurs.trices ou les danseurs.ses. Selon le cas, skor thom et samphor sont frappés par un ou deux musiciens. Le skor thom est disposé au sol obliquement, soit dans un baquet en bois (photo en entête), soit avec un dispositif sur lequel chacun est accroché (ci-contre), soit encore avec deux bambous ou bâtons croisés.

Une seule peau par tambour est frappée avec deux bâtons de bois d'environ 35 cm de long. Différentes frappes sont utilisées, chacune désignée par une onomatopée : 

  • Ting. Coup résonant sur la petite ou la grande peau.
  • Tup. Coup sec et étouffé sur le milieu de la petite peau.
  • Pak ou chak. Coup sec sur le bord de la grande peau.
  • Theng. Coup fort et résonant sur la grande peau.
  • Theng. Coup fort et résonant sur les deux peaux.

Fabrication