CIthare - khim - ឃឹម

Textes, photos, vidéos : © Patrick Kersalé 1998-2020, sauf mention spéciale.


Khim touch

Khim est une cithare sur table d'origine chinoise. Il en existe deux tailles : khim touch ឃឹមតូច, littéralement “petit khim” et khim thom ឃឹមធំ, “grand khim”. Originellement, les musiciens khmers ne les jouaient que dans l'orchestre du théâtre baasak. Plus tard, ils l'utilisèrent avec d'autres instruments (tro sau, tro ou, krapeu, khloy, skor, chhing) dans l'orchestre moderne de mariage phleng kar. Aujourd'hui, il est également utilisé dans les orchestres aayaaye et mahori.

 


Khim touch

La cithare khim a la forme d'un papillon (trapèze à angles arrondis). Son corps est fait en bois léger, p'deak ou koki. Deux rangées de chevalets soutiennent les cordes. Les cordes soutenues par les chevalets à main gauche sont jouées des deux côtés de ces derniers, tandis que celles à main droite (cordes ko) ne peuvent être jouées que d'un côté. Sur les instruments les plus traditionnels, il y a sept chevalets sur chaque rangée, chacun supportant deux ou trois cordes accordées à l'unisson. Certains instruments modernes comportent de huit à dix chevalets. La grande longueur du trapèze mesure 65 cm, la petite longueur 39 cm et la largeur 25,5 cm. À l'intérieur de la caisse de résonance sont installés des “âmes” qui évitent que la table d'harmonie ne s'effondre sous la tension des cordes. 

L'instrument s'accorde à l'aide de chevilles métalliques positionnées latéralement : d'un côté, pour maintenir les cordes, de l'autre, pour les accorder. Ces dernières sont frappées avec deux maillets en bambou dont les têtes sont recouvertes de feutre. Les chevalets sont recouverts d'os (autrefois d'ivoire) sur lesquels reposent les cordes. Les cordes les plus aiguës (ek) sont au nombre de trois par hauteur et sont en acier, tandis que les plus graves (ko), au nombre de deux par hauteur, sont en cuivre.

 

Cithare khim dans un ensemble mahori

L’orchestre mahori contemporain est d’influence thaïe mais très certainement créé par les Khmers angkoriens. C’est l’un des rares ensembles orchestraux exclusivement récréatifs. Il se compose ici d'une vièle bicorde tro sau, d’une cithare tricorde krapeu, d’une cithare sur table khim, de cymbalettes chhing, d’un tambour skor daey.

Ces musiciens, filmés en 2017 au Preah Khan d'Angkor, sont des victimes de mines anti-personnel. 


Khim thom

Le khim thom a une forme trapézoïdale, mais parfois aussi celle d'un papillon. Le corps est fait d'un bois léger : dueng chaem, p'deak ou lambao tandis que la table d'harmonie et le dos sont en bois de manguier ou de roluoh រលួស. Les caractéristiques organologiques générales sont les mêmes que celles de khim touch. La grande longueur du trapèze mesure 110 cm, la petite, 70 cm et la largeur 45 cm. 

Le khim thom se distingue par un jeu moins fourni en notes que le khim touch, à l'instar du roneat thong vis-à-vis du roneat ek.