La danse ancienne à travers l'épigraphie

Textes, photos, vidéos : © Patrick Kersalé 1998-2020, sauf mention spéciale.


Introduction

Si la représentation de la danse est omniprésente dans l'iconographie des temples pré-angkoriens et angkoriens, le nombre de textes épigraphiques mentionnant la danse, les danseuses et les danseurs est limité. Nous en proposons ici une revue chronologique.

Hormis quelques mentions des danseuses célestes apsaras, la majeure partie des inscriptions parlent des “danseuses sacrées”. Nous entendons par “danseuses sacrées” les servantes de temples hindous ou bouddhiques (durant le règne de la Triade Royale) dont le rôle était de danser pour les divinités. Elles sont mentionnées dans l’épigraphie sous le nom de nāṭikāḥ en sanskrit et rmāṃrmmāṃ ou ramaṃ en vieux khmer. Il existe d’autres termes pour désigner les danseurs.euses profanes. Les textes préangkoriens en vieux khmer mentionnent également le terme pedānātaka rpam pour désigner les danseuses en formation (ballet) ; nātaka désigne un.e “acteur.trice” et rpam la “danse”. Quant au terme pedā, son sens est incertain. Le terme sanskrit peṭaka signifie en revanche “multitude, compagnie, groupe”. Pedānātaka rpam nous permet de comprendre que ce que nous qualifions de “danse” doit plutôt être compris comme un “théâtre global”. En effet, la danse sacrée n’est pas à proprement parler un spectacle, même s’il est donné pour divertir les dieux et que l’esthétique générale flatte les sens humains qui la regardent. Les danseuses sacrées effectuent, par leur gestuelle corporelle, des danses narratives, c’est-à-dire un corpus chorégraphique capable de remplacer, ou souligner par la gestuelle, les mots et la syntaxe d’un texte afin de décrire une situation ou raconter une histoire. La danse religieuse est, à l’instar du verbe, un outil de communication avec les divinités ; aux mots se substitue la gestuelle (gestes des mains —mudrā / litt. “sceau”—, mouvement général du corps proprement dit, yeux, tête…). Dans la tradition de l’Inde du Sud, les mudrā renforcent la parole sacrée (mantra) ou une intention mentale (bhavana) lorsqu’elle existe.

Le terme pedānātaka rpam démontre que les danseuses dansaient en groupe, ce que confirme l’iconographie.
Les danseuses sacrées représentent des offrandes physiques faites aux temples par des donateurs. Un texte préangkorien en vieux khmer, référencé K. 51, mentionne que le dénommé Mratan Indradatta offrit dix danseuses (rapam) au temple. Le texte ne précise pas si ces servantes étaient déjà formées à l'art de la danse ou non. On ne sait rien non plus de leur âge. On connaît en revanche le nom de quatre d’entre elles, les autres noms étant ruinés.

À toutes fins utiles, vous trouverez sur ce site un Glossaire de la danse.


Piédroit de Loṅvêk - VIIe s.

L'inscription K. 137*, en écriture du VIIe siècle, se compose de 35 lignes en vieux khmer, énumérant les esclaves qu'un roi, peut-être Jayavarman I, charge un serviteur de remettre à Mratāṅ Kamratāṅ Daṃdaṃ, probablement pour les répartir entre divers sanctuaires.

Une ligne mentionne 5 noms de danseuses (piṇḍa rapaṃ) et 12 de chanteuses (caṃmreṅ).

* K. 137 =G. Cœdès, Inscriptions du Cambodge, vol.II, p.21.


Inscription d'Angkor Borei - VIIe s.

Une inscription provenant d’Angkor Borei*, datée du vendredi 21 janvier 612 A.D. constitue l’un des plus anciens écrits faisant référence à l’univers préangkorien de la danse. Elle contient des listes de serviteurs de temple, de terrains et d'animaux domestiques. Parmi les serviteurs, on trouve des musiciennes et des danseuses. Ces dernières portent des noms d'usage en vieux khmer qui nous renseignent sur un trait essentiel de leur personnalité artistique, morale ou physique.

Nous rapportons ici les traductions réalisées par Saveros Pou dans son dictionnaire de Vieux Khmer-Français-Anglais de 2004 complétées par son étude “Music and Dance in Ancient Cambodia as Evidenced by Old Khmer Epigraphy”.

 

jmaḥge raṃ/ Noms des danseuses

Carumatī/ Belle comme un perroquet

Priyasenā/ Servante bien-aimée

Aruṇamati / De la couleur du rubis

Madanapriyā/ D’une gaieté qui raffole

Samarasenā/ (Qui joue le rôle du) soldat dans la bataille

Vasantamallikā/ Jasmin de printemps

 

* K. 600 = Corpus, XIII, Face Est, G. Cœdès, Inscriptions du Cambodge, vol.II, p.21.


Inscription de Kok Roka - VIIe-VIIIe s.

L’inscription entièrement en khmer, dite de Kok Roka, de provenance incertaine, a été datée des VIIe ou VIIIe s. en vertu de la typologie de son l’écriture. Il s’agit, là encore, d’une liste de serviteurs du temple. 

 

Ordre de citation des serviteurs. 

  1. gandharvva
 / Musiciens
  2. pedānātaka rpamDanseuses (première citation)
  3. caṃreṅ/ Chanteuses (première citation)
  4. pedānāta rpam / Danseuses (seconde citation)
  5. caṃreṅ Chanteuses (seconde citation)

Nous ne retiendrons ici que les danseuses. Pour voir la liste complète, cliquez ici.

 

2. pedānātaka rpam / Danseuses (first citation)

ku Raṅgaśrīya / La perle de la troupe théâtrale
ku Mandalīlā / D’une démarche languide
ku Caturikā / Intelligente, talentueuse
ku Amandanā / Active, éveillée
ku Suvṛttā / De bel aspect, qui exécute bien
ku Cāralīlā / Avec de la grâce dans les mouvements
ku Tanumaddhyā / ?
ku Harinākṣī / Aux yeux de gazelle
ku Smitavatī / Souriante

 

Toutes ces danseuses dont le nom a pu être traduit — danseuses actrices puisque les danses religieuses étaient narratives — portent un nom en relation directe avec leur fonction. Il est également notable que le premier nom cité se traduise par « La perle de la troupe théâtrale ».

 

4. pedānātaka rpam / Danseuses (seconde citation)

ku Haṅsavādi / À la voix de l’oie sauvage haṅsa
ku Sītākṣā / Aux yeux de Sītā
ku Vṛt(t)āvalī / En ligne courbe, en cercle

 

On notera que la première danseuse porte un nom qualifiant sa voix.


Stèle de fondation de Prah Kô - IXe s.

La stance XXXV de la stèle de fondation de Prah Kô réf. K. 713 (ou Preah Ko, fin du IXe s.), mentionne plusieurs termes sanskrits génériques désignant des serviteurs spécialisés dans la musique et le chant, les noms de trois instruments de musique et des mots associés, liés au mode de jeu. Une seconde stance, XXXVI, mentionne quant à elle des danseurs, sans toutefois préciser leur rôle.

 

 

narttakyaobhan bahvyo     gyanyo vdiks tath

vīṇādivdyavdinyo                 veutlaviśāradāḥ

 

Traduction originale par G. Cœdès, 1937. Inscriptions du Cambodge, vol.I, p.22:XXXV

Un grand nombre de belles danseuses, chanteuses, récitantes, musiciennes, joueuses de vīṇā et autres (instruments), habiles à frapper des cliquettes.

 

Vocabulaire lié à la musique et à la danse

  • nart : faire danser
  • gāyatra : chant, hymne
  • vīṇā : cithare sur bâton (en sanskrit)
  • vād : forme dérivée de vad : jouer d’un instrument de musique
  • veṇu : flûte traversière
  • tāla : cymbalettes

Traduction révisée
XXXVI.Un grand nombre de belles danseuses, chanteuses, récitantes, musiciennes, joueuses de cithare et autres (instruments), de flûte, habiles à entrechoquer les cymbalettes.

 

XXXVI. Un grand nombre d'hommes beaux et bien faits, habiles dans la danse et les autres (arts), bien vêtus, ornés de leurs parures,

 

Profitons de l'occasion de cette formidable stèle de Prah Kô pour mentionner les deux stances qui finalise le texte sanskrit, à l'image de la plupart des stèles de même nature : 

 

XXXIX. Que ceux qui, par cupidité, voleront les biens donnés par Çri Indravarman, aillent dans l'enfer terrible aussi longtemps que durera le soleil et la lune.

 

XL. Mais que ceux qui, animés d'une foi sans rivale, feront prospérer ces donations, aillent demeurer au séjour de Çiva aussi longtemps que dureront le soleil et la lune.

 

Nous espérons, dans le cadre de cette recherche de Sounds of Angkor, contribuer au rayonnement de ces fondations !


Inscription de Bantāy Prāv - Début XIe s.

Inscription du piédroit nord de la tour centrale. (K. 221 - Corpus CVIII)

Cette inscription datée en 1007 et 1011 AD mentionne le nom de deux danseuses et quatre chanteuses attachées au temple. Curieusement aucun musicien n'est mentionné, à moins qu'il ne s'agisse des gho décrits à la suite des chanteuses, ce qui serait logique dans la hiérarchie du texte.

(15-17) Danseuses : Tai Khna, Tai Kansān. Chanteuses : Tai Dharma, Tai Tirtha, Tai Kansān à nouveau, Tai Thleṃ. (Suit une liste de huit serviteurs (gho) dont le texte ne dit pas s'il s'agit aussi des chanteurs.

Le nom des serviteurs est parfois lié à leur caractère. Le dictionnaire de Vieux Khmer de Saveros Pou n'offre pas de traduction pour la première danseuse Tai Khna ; en revanche, Tai Kansān signifie “Qui est calme, paisible”.

* Inscriptions du Cambodge vol.III. G. Cœdès 1937. Paris, Editions de Boccard.


Les danseuses à travers l’épigraphie : stèles de Ta Prohm et Preah Khan - Fin XIIe s.

Nous savons, d’après l’épigraphie, qu’un grand nombre de serviteurs et notamment de danseuses était attachés aux temples. La stèle de Ta Prohm traduite par G. Coedès (1906) révèle des chiffres vertigineux :

LXIII ....... .. .... Il y a ici 400 hommes, 18 officiants principaux, 2 740 officiants
LXIV ... .......... 2 232 assistants, parmi lesquels 615 danseuses (nāṭikāḥ)
LXV ......... ..... Au total 12 640 personnes, y compris ceux qui ont droit au logement
LXVI ..... ..... ... 66 625 hommes et femmes font là le service des dieux
LXVII... .... ..... Au total 79 365 avec les Birmans, les Chams, etc.

À Preah Khan (Stèle de Preah Khan, inscription K. 908), le nombre des danseuses est encore plus grand (Maxwell p.67)
4 606 hommes sont des cuisiniers et autres
2 298 servantes ; 1 000 danseuses sacrées (nāṭikāḥ).


La danse à travers l'épigraphie : grande stèle du Phimeanakas. Fin XIIe s.

C'est en 1916, au cours du dégagement du soubassement du Phimeanakas ប្រាសាទភិមានអាកាស (le Palais royal de la Triade royale), qu’Henri Marchal exhume une grande stèle dont l'inscription sanskrite est référencée K.485. En 1942, G. Cœdès révise la traduction initiale de Louis Finot  dans son deuxième volume des Inscriptions du Cambodge.

Il s'agit d'un poème dont l'auteure n'est autre que la reine Indradevī, seconde épouse du roi Jayavarman VII, et sœur cadette de Jayarājadevī, première épouse du roi. Il s'agit, en majeure partie, d'un panégyrique de cette dernière, retraçant sa biographie et rappelant ses bonnes œuvres. Sa composition semble le placer dans les dix dernières années du XIIe siècle. Ce texte est d'une importance capitale pour comprendre l'investissement de la reine Jayarājadevī dans la conduite du royaume, et notamment dans ses œuvres sociales et religieuses. L'iconographie du Bayon fait écho à ce texte, mais ce n'est pas ici notre propos de le démontrer. Toutefois, afin de comprendre l'importance de l'investissement de la reine, nous publions ici quelques-unes des stances du panégyrique de la reine. La stèle étant fragmentée, certaines stances sont incomplètes.

 

L. (…) toutes les pratiques ascétiques difficiles, elle les réussissait, les répétait, les désirait, les trouvait faciles…

 

LII. Sa beauté (…) brûlée par l'ascèse, mais non détruite ni diminuée…

 

LIV. Marchant (…) le neuvième jour, elle suivit le chemin (…) l'ascétisme (…) manifestant la conduite des épouses fidèles.

 

LIX. Instruite par sa sœur aînée Çri Indradevi, et considérant le Buddha comme le bien-aimé à atteindre, elle suivit le chemin calme du Sugata* qui passe au milieu du feu des tourments et de la mer des douleurs.

* Épithète du Buddha Gautama.

 

LXXI. La reine (…) se créant du mérite par l’abondance de ses richesses (…) prodiguant ses bienfaits à tous les êtres, appliquée au bien du monde (…).

 

LXXII. Ayant retrouvé son époux le roi des rois, reconnaissante, elle (déversa sur la terre) une pluie de dons magnifiques, semblable à une Gaṅga (descendue du ciel par suite de) son ascétisme.

 

LXXIII. (…) et son vœu, ayant réalisé le fruit bouddhique (…) elle chargea ses propres danseuses de jouer, de donner des représentations tirées des Jātaka**.

** Recueil de contes et d’histoires narrant les nombreuses vies antérieures de bouddhas, et notamment celles du bouddha historique Shakyamuni.

 

LXXIV (…) ceux qui, par suite de la décadence de l'Écriture, étaient distraits par les objets des sens, virent, grâce à elle qui s'était empressée d'en informer le roi, leurs liens (mondains) brisés, s'attachèrent à l'Écriture et atteignirent la qualité de dvija***.

*** C'est-à-dire jouirent de privilèges attachés aux trois castes supérieures.

 

La stance qui nous intéresse ici est la stance LXXIII. Elle nous éclaire sur plusieurs points :

  • La reine Jayarājadevī possède un corps de ballet.
  • Les danseuses dansent dans le cadre de la voie spirituelle que s'est imposée la Reine.
  • Les danseuses jouent les Jātaka.

Ce dernier point est le plus important car il permet de comprendre la complexité de la danse. Il ne s'agit pas de simples chorégraphies esthétiques. Les mouvements corporels tirés du Nāṭya Śāstra sont narratifs. Ainsi, par-delà la dimension d'offrande que représentait la danse à cette époque, la Reine, dans son élan spirituel et éducatif, utilise la danse comme outil d'enseignement. La stance LXXIV parle de “décadence de l'Écriture” et de “distraction par les objets des sens”. La danse est donc un outil d'enseignement parallèle à la lecture ou à l'écoute des textes sacrés. Une assertion renfoncée par la stance LXXI : “La reine (…) prodiguant ses bienfaits à tous les êtres, appliquée au bien du monde (…)”.

La complexité de la danse ancienne au service de la religion permet de mieux comprendre les chiffres vertigineux des danseuses des temples de Ta Prohm (615 danseuses) ou Preah Khan (1000 danseuses) mentionnés ci-avant. Ces chiffres reflètent, selon nous, à la fois les danseuses actives, mais aussi tout le cortège des filles en formation dès le plus jeune âge. Compte tenu de la complexité de la discipline, de nombreuses années d'entraînement sont requises. Pour exemple, dans le cadre du Ballet Royal du Cambodge contemporain, 10 à 15 années sont requises pour former une danseuse.

 

La reine Jayarājadevī en maîtresse de danse au Bayon

La méthodologie générale de notre étude repose, lorsque cela est possible, sur le croisement des sources : épigraphie, iconographie, objets, ethnographie. La stance LXXIII de la grande stèle du Phimeanakas est éclairée, au Bayon, par deux représentations supposées de la reine Jayarājadevī dans le rôle d'une maîtresse de danse.

L'entrée orientale est l'entrée naturelle du Bayon, temple d'état de la royauté de la Triade Royale (roi Jayavarman et ses deux épouses, Jayarājadevī et Indradevī). Elle peut alors sembler, par sa position, stratégique sur le plan informationnel. Elle ouvre sur l'une des huit salles de danses. L'adepte ou le visiteur est accueilli, comme dans tous les temples de l'époque du Bayon par deux gardiens en pierre, à savoir un Deva (à gauche) et un Asura (à droite). Puis, à l'extérieur de chacun de ces deux personnages, se tiennent, à gauche, la reine Indradevī, et à droite, Jayarājadevī, selon la théorie commune de Phalika Ngin et Gérard Maitrepierre que nous soutenons. Au pied de la reine se tient une danseuse sacrée, marquant le statut de la monarque en tant que “surintendante de la danse”.

Par ailleurs, à l'intérieur de la salle de danse, côté sud, se trouve une autre maîtresse de danse, vue de trois-quart, arborant une couronne similaire à celle de la reine Jayarājadevī représentée en pied à l'entrée est. Elle porte de surcroît bracelets et brassards, un épais collier, un baudrier et tient dans sa main droite ce qui semble être un bouton de lotus, symbole du pouvoir, similaire à celui de la statue de la reine de l'entrée.  Cette maîtresse de danse est assise en surélévation devant ce que l'on peut penser être une autre maîtresse de danse ou une danseuse qui tient contre son corps un récipient. Les caractéristiques générales du personnage surélevé et sa position dans la salle de danse de l'entrée principale du temple, pourraient accréditer la thèse d'une représentation de la reine Jayarājadevī en position de maîtresse de danse. 

Image originale.

Image détourée.

Mais il y a plus. Sur le pilastre jouxtant l'Asura, se trouve un image sculptée, partiellement effacée par l'érosion hydraulique. Il s'agit d'un personnage féminin vu de profil, assis à la manière des maîtresses de danse, bouche ouverte et doigt tendu, portant une couronne similaire à celle de la reine Jayarājadevī. Le pan de sa jupe s'étend à l'avant.


Nous ne saurions affirmer qu'il s'agit de la reine Jayarājadevī, mais sa position stratégique n'offre que deux possibilités : la reine elle-même dans le rôle de surintendante de la danse ou la maîtresse de danse générale du temple s'il en est.

Ainsi, l'image éclaire le texte et vice-versa. Jayarājadevī est à la fois une reine et un personnage humble : LXXI. (…) prodiguant ses bienfaits à tous les êtres, appliquée au bien du monde (…).

Elle s'implique avec ses danseuses comme surintendante de la danse en les invitant diffuser le message du Bouddha : LXXIII. (…) et son vœu, ayant réalisé le fruit bouddhique (…) elle chargea ses propres danseuses de jouer, de donner des représentations tirées des Jātaka.

Les deux images ci-contre permettent de comparer les similarités de la couronne, des bijoux et de la posture de la main droite.